LE PARTI BASQUE : une nouvelle étape

EAJ-PNV, la formation politique des démocrates basques, vient de présenter une nouvelle marque pour le Pays Basque nord : Le Parti Basque. Pour ses 30 ans d’existence au nord des Pyrénées, le parti centriste souhaite continuer son implantation et vient d’inaugurer un nouveau siège social à Donibane-Garazi / Saint-Jean-Pied-de-Port.

Rédaction Atalaia

6/12/2026

Créé à Bilbao par Sabino Arana, EAJ-PNV, le Parti Nationaliste Basque a fêté ses 130 ans d'existence en 2025. Au nord des Pyrénées, la formation qui est présente depuis 30 ans vient de changer de nom et de présenter une nouvelle marque afin de se rapprocher de la société du Pays Basque nord : EAJ-LPB, Euzko Alderdi Jeltzalea - Le Parti Basque. “Il s’agit d’une invitation et d’un pont qui maintiennent notre âme et nos objectifs en tant que parti » a précisé Aitor Esteban (1962, Bilbao) le président des démocrates basques lors d’une conférence de presse qui a eu lieu ce vendredi 12 juin à Bidart.

« Le peuple basque est un seul peuple. Nous n’avons aucun doute à ce sujet. Ceci est le fondement d’EAJ. Notre langue spécifique est l’euskara, d’où le nom du parti. Son nom est Euzko Alderdi Jeltzalea et ce que nous présentons à Bidart est un changement de marque pour les provinces du Labourd, de Basse-Navarre et de la Soule. Ce changement répond à une volonté de rapprochement avec la société d’Iparralde, le Pays Basque nord” a expliqué Aitor Esteban. Le biscayen a précisé que le mot nationaliste de la marque Parti Nationaliste Basque évoquait pour beaucoup des mouvements français, souvent d’extrême droite, et qui n’ont rien à voir avec EAJ : “Nous sommes démocrates. Nous avons toujours été clairs sur le fait que nous sommes contre la violence, pour les droits de l’homme, avec une vocation pro-européenne.”

Aussi, Aitor Esteban a affirmé que le parti qu’il préside a beaucoup à donner aux habitants du Pays Basque nord notamment pour construire leur avenir et améliorer leur vie quotidienne. D’autre part, il a expliqué que l’Europe va profondément changer dans les prochaines années.

« Le sens que les États ont actuellement subira de grands changements » : « Euskadi doit chercher une place dans cette nouvelle Europe. En cela, EAJ travaille pour un territoire plus uni, plus libre, plus européen et pionnier en cve qui concerne les droits humains” a souligné Aitor Esteban, le président des centristes basques.

De son côté, Pantxoa Bimboire Haritschelhar, le président de l’IBB, la branche du parti au nord de la Bidassoa a affirmé qu’EAJ entame en Pays Basque nord « une nouvelle étape », après avoir été « décisif » lors des dernières élections municipales. « Beaucoup de gens se sentent basque en Pays Basque nord. Nous pensons que nous partageons les valeurs de nombreux hommes et femmes. Voilà pourquoi nous sommes prêts et préparés pour continuer à progresser ».

Peio Etxeleku, vice-président de la Communauté Pays Basque et maire de Kanbo, a souligné que « les défis de notre pays sont les nôtres et le Parti Basque est le Parti de tous les Basques, de tous les habitants du Pays Basque ». De même, il a affirmé que l’objectif est de renforcer le leadership de sa formation politique depuis Hendaye jusqu’à Mauléon après avoir été « décisifs » lors de l’élection du nouveau président de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, Alain Iriart. Peio Etxeleku a expliqué vouloir travailler depuis la vice-présidence du développement économique de l’intercommunalité pour élargir la coopération entre les entreprises et les chambres de commerce des deux côtés de l’ancienne frontière.

Graxiana Mirande Bec, membre de EGI, le groupe des jeunes centristes basques, et vice-présidente de l’Assemblée territoriale d’EAJ au Pays Basque nord, considère que beaucoup de jeunes cherchent aujourd’hui une manière différente de faire de la politique. “Nous avons des convictions fortes, mais nous voulons aussi des solutions concrètes. Nous voulons défendre notre identité, notre langue et notre pays, mais pas une politique réduite à des confrontations constantes. Dans une société de plus en plus polarisée, le Parti Basque propose un autre chemin : celui du dialogue, de l’engagement et de la responsabilité" selon Graxiana Mirande Bec. Par ailleurs, elle a souligné qu’à EAJ-LPB « nous parlons d’identité sans nostalgie, nous parlons ouvertement d’économie et nous parlons avec responsabilité sur l’écologie. Le Parti basque offre aux jeunes une chose plus précieuse que des promesses : une vision. La vision de pouvoir vivre, travailler, entreprendre et s’engager ici, au Pays basque."

Au nord des Pyrénées, Le Parti Basque compte 130 adhérents, une dizaine d'élus municipaux, dont le maire de Kanbo, Peio Etxeleku. Trois membres du parti siègent également à la Communauté d'Agglomération Pays Basque. EAJ-LPB continue de s’implanter dans l'ensemble du territoire avec notamment l’inauguration d’un nouveau Batzoki, un siège social en plein centre-bourg de la capitale bas-navarraise, Donibane-Garazi / Saint-Jean-Pied-de-Port. Le Parti Basque aura également bientôt un nouveau local dans le Petit-Bayonne.

Les démocrates basques en action

Depuis la mort de Franco et le retour de la démocratie, les basques du sud ont deux autonomies: la Communauté Forale de Navarre, d'un côté, avec Pampelune pour capitale ; et de l'autre, la Communauté autonome basque qui regroupe les provinces du Gipuzkoa (Saint-Sébastien), la Biscaye (Bilbao) et l'Alava (Vitoria).

Dans un état espagnol décentralisé, les quatre provinces basques lèvent l'impôt et gèrent directement la santé, l'éducation, le développement économique, le logement, le tourisme, la culture et même la sécurité avec deux polices régionales: la police forale en Navarre et dans la Communauté autonome basque, la Ertzaintza, qui en basque veut dire littéralement la garde du peuple.

Chaque autonomie a un parlement autonome, avec un pouvoir législatif. L'assemblée se charge de désigner le président de l'autonomie. Avec un budget annuel de 15 milliards d'euros, le Lehendakari Imanol Pradales, le président du gouvernement autonome basque gère le quotidien de plus de deux millions et demi d'habitants. La Navarre a de son côté un budget de 4,7 milliards d'euros pour une population de 650 000 habitants. À la fin de la dictature de Franco, les démocrates basques de EAJ-PNV-Le Parti Basque ont été les principaux artisans de la construction des nouvelles institutions autonomes qu’ils gèrent actuellement en Navarre, dans la Communauté autonome basque et dans les principales villes comme Bilbao et Saint-Sébastien.