EAJ : Les démocrates basques préparent les municipales de 2027

Devant plus de 2 500 personnes, les principaux responsables de EAJ-PNB ont défendu le leadership, la vision du pays et les valeurs du parti des démocrates basques dans la construction d'Euskadi, face au bruit, aux revirements et aux incohérences des autres formations politiques.

Rédaction Atalaia

5/24/2026

Aitor Esteban, le président de EAJ, le parti des démocrates basques a qualifié d'« extrêmement grave et préoccupante » la mise en examen de José Luis Rodriguez Zapatero, l'ancien Premier ministre espagnol et a averti Pedro Sánchez qu'« il serait irresponsable de poursuivre son mandat au-delà de 2026 sans cap, sans budget, sans majorité stable et avec un agenda chaotique et lié à la justice ».

« Tous les scandales judiciaires qui entourent le gouvernement espagnol sont absolument nuisibles pour l'image de la politique et la stabilité gouvernementale. Et je veux le dire très clairement : ici, la fin ne justifie pas tous les moyens. Il y a déjà neuf affaires ouvertes. Maintenant, Zapatero. Et le soutien de Sánchez à Zapatero a été total. Nous sommes dans une phase préliminaire de l'instruction, mais ce que nous avons lu dans l'ordonnance est extrêmement grave et préoccupant. Le gouvernement espagnol ne peut pas prétendre régler la question en invoquant le "lawfare". C'est très sérieux et de nombreuses explications s'imposent. » Il a ensuite voulu adresser un avertissement au gouvernement espagnol : « Nous suivrons cette affaire de très près, comme d'autres dossiers que le PSOE a également devant les tribunaux. Un tableau qui rend véritablement très difficile la possibilité pour Pedro Sánchez d'aller au terme de son mandat"

Ce samedi à Durango, en Biscaye, Aitor Esteban a assuré prendre un engagement envers Euskadi. "Chacun et chacune d'entre nous, mais surtout nos représentants publics : l'engagement de ne pas nous contenter. Parce que nous ne nous contentons pas de bien gérer. L'engagement de ne pas regarder ailleurs ; de sortir, d'écouter, de construire. De défendre ce pays chaque jour. Euskadi mérite des gens qui croient en elle. Qui en prennent soin. Qui la font avancer. Et qui se donnent corps et âme pour son avenir. C'est notre mission. Euskadi est aujourd'hui, grâce à EAJ-PNV, un pays fiable. Nous avons un pays qui en vaut la peine et un Parti prêt à donner le meilleur de lui-même. Et quand tout cela se met en marche, rien ne peut nous arrêter" a expliqué Aitor Esteban devant 2 500 personnes.

« ADI », l'acronyme de « Aurrera Diharduen Indarra » (La Force qui avance), a été le slogan central de ce grand rassemblement, qui a eu lieu 365 jours avant les élections municipales et forales de 2027 dans les quatre provinces du Pays Basque sud. Aitor Esteban a demandé aux militants de « gérer comme on le ferait pour notre propre maison. Sans excès, en expliquant la réalité, en parlant franchement aux gens ». « La politique, ce sont des valeurs, de la droiture dans l'action — avec des erreurs ou non — mais avec honnêteté », a-t-il déclaré.

« La gauche abertzale de EH Bildu non seulement ne soutient pas les mesures de l'EAJ-PNV en matière de logement, mais entend en plus donner des leçons », a-t-il affirmé, alors que ce parti est « celui qui a cédé le moins de terrain pour le logement en Gipuzkoa depuis 2016 ». Aitor Esteban a rappelé que plusieurs communes gouvernées par EH Bildu n'ont lancé aucun projet de logement neuf au cours des sept dernières années. À propos des socialistes du PSE-EE, il a insisté sur le fait qu'« ils semblent avoir besoin de se démarquer politiquement et d'être en permanence dans les médias, en parlant souvent sans s'appuyer sur des données". Pour Aitor Esteban, Euskadi ne peut pas devenir "la caisse de résonance permanente de débats qui ne sont pas les siens". Par ailleurs, il a accusé la droite espagnole du PP d'être le « Parti Perdu » et de faire de la politique depuis « les tranchées ».

Les démocrates basques en marche pour 2027

De son côté, le Lehendakari Imanol Pradales a affirmé qu'en temps troubles et agités, la règle d'or de la gouvernance doit être l'exemplarité, la transparence et l'honnêteté. Il a appelé à ne pas « se laisser distraire » par le spectacle venu de Madrid et à « défendre avec plus de force que jamais » les principes et les valeurs qui ont guidé le premier gouvernement basque constitué il y a 90 ans.

Le président du Gouvernement autonome basque d'Euskadi a également rappelé que « nous avons un Pays à faire avancer », confronté à des défis majeurs tels que le logement, le soutien à la revitalisation de la langue basque, la garantie du bien-être émotionnel, la réponse au phénomène migratoire, et la défense de l'autonomie — « parce que nous devons continuer à avancer fermement sur le chemin de la liberté ». À ce sujet, Imanol Pradales a conclu en avertissant que « nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas obtenu ce qui nous revient par la Loi et le Référendum depuis 1979 : l'application intégrale du Statut d'autonomie de Gernika ».

Euge Arrizabalaga, la présidente du Gipuzko Buru Batzar, a déclaré : « Nous sommes le Parti nationaliste basque-Euzko Alderdi Jeltzalea. Un parti abertzale (patriote basque). Pour résoudre les problèmes — petits et grands — et non pour servir des intérêts personnels. Notre objectif principal est de porter l'aspiration et le désir de Pays : structurer et développer la nation basque. » Elle a souligné à cet égard que « nous croyons que les décisions démocratiques sur le futur statut politique d'Euskadi doivent être respectées ».

Dans son intervention, la présidente de l'Araba Buru Batzar, Jone Berriozabal, a assuré que EAJ-PNV est « un outil au service de la société basque ». Un outil « pour continuer à approfondir la qualité de vie atteinte, pour renforcer les systèmes de santé et d'éducation basques, pour promouvoir la réindustrialisation et l'emploi de qualité dans Aiaraldea et dans l'ensemble de Euskadi, pour que la jeunesse puisse rester vivre dans son village, pour faire connaître les vins de la Rioja Alavesa dans le monde entier, pour franchir un cap qualitatif dans l'avenir de la langue basque, pour promouvoir des opportunités de connexion avec l'Europe et le monde depuis Foronda, pour que l'enclave de Treviño qui appartient à la province de Burgos soit officiellement rattachée à l'Álava et pour identifier et concrétiser les opportunités qu'offre l'autonomie, dans une logique de complémentarité et de collaboration entre les différents territoires ». « Nous savons bien ce que nous voulons pour notre Pays et nous allons y travailler », a conclu Jone Berriozabal.

Enfin, le président du Napar Buru Batzar, Unai Hualde, a souligné le rôle déterminant de EAJ-PNV en Navarre « pour permettre des gouvernements pluriels » : « Cela fait déjà onze ans que la Navarre a changé de cap, après des décennies de gouvernements de UPN, la droite régionaliste navarraise, de reculs sur la langue basque et dans le domaine social, de victimes du franquisme oubliées par les institutions, ou d'une région vivant tournée à dos aux autres territoires basques. » Il a assuré que « nous avons montré qu'on peut gouverner autrement, en croissant économiquement et en renforçant notre industrie », et a prévenu que « EAJ-PNV sera toujours ferme lorsque la langue basque, la culture ou l'autonomie de notre Pays seront en jeu, sans craindre de nous engager et de prendre position pour ce en quoi nous croyons ».